Techniques de régulation des eaux pluviales urbaines |
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Il convient que tout projet de création de nouvelles surfaces urbaines s'inscrive dans une logique de non aggravation des écoulements d'eau. Plusieurs strates de régulation sont possibles : à l'échelle du réseau pluvial de la collectivité, à l'échelle du lotissement ou encore à l'échelle de la construction individuelle.
A l'échelle du réseau pluvial de la collectivité Cette régulation offre l'avantage de minimiser le nombre d'ouvrages à entretenir. En effet, il est plus simple pour une collectivité et moins onéreux en terme de fonctionnement, de gérer quelques ouvrages de rétention de grande dimension plutôt qu'une multitude de petits ouvrages (car bien souvent, les bassins réalisés dans le cadre d'opérations privées de lotissements sont rétrocédés à la collectivité). L'inconvénient réside dans le fait que les frais d'investissement pour ces ouvrages publics sont à la charge de la collectivité. C'est pourquoi, des outils de mise en place d'une participation de raccordement sur le réseau pluvial sont en cours de réflexion au niveau national.
A l'échelle du lotissement Ce niveau de gestion a été incité par la Loi sur l'Eau dans sa version de 1992. Depuis, la nomenclature soumet à déclaration tout projet de rejet d'eaux pluviales dont la superficie augmentée du bassin versant amont est supérieure à 1 ha et soumet à autorisation ces projets dès lors que cette surface dépasse 20 ha. Les opérateurs de ces projets doivent présenter aux services de l'Etat une notice d'incidence détaillant notamment les mesures correctrices adoptées au regard de l'augmentation des quantités d'eau ruisselées. C'est ainsi que de nombreuses réalisations de lotissements ont été accompagnées d'un bassin de régulation des eaux pluviales à l'exutoire de leur réseau pluvial. Cette démarche de régulation des eaux obéit à une logique de préservation du réseau d'assainissement pluvial collectif. C'est alors au lotisseur, qu'il soit privé ou public, de prendre les mesures nécessaires sur son unité foncière.
A l'échelle de l'habitation individuelle Ce niveau de gestion est applicable lorsque le projet de construction ne fait pas l'objet d'une opération d'aménagement d'ensemble (lotissement, ZAC…) ou lorsque la gestion globale conçue dans une opération plus vaste impose ce principe de gestion complémentaire à l'échelle parcellaire : le lotisseur choisit parfois de coupler une gestion de l'eau de chaque habitation sur son lot et une collecte des ruissellements des espaces communs dans un bassin de rétention à l'exutoire de la zone. La maîtrise des eaux au niveau parcellaire a l'avantage de responsabiliser le citoyen sur cette problématique et de favoriser l'infiltration de l'eau car il est techniquement plus simple d'infiltrer l'eau lorsque les volumes en jeu sont faibles. Cette gestion des eaux à l'échelle parcellaire est incitée par le Code Civil (servitude naturelle d'écoulement et principe de non aggravation par la main de l'homme) et est traditionnellement de mise dans le règlement des Plans d'Occupation des Sols.
Techniques de maîtrise des écoulements Le premier moyen d'action est celui qui consiste à limiter l'imperméabilisation des sols pour favoriser l'infiltration à la source. Outre l'aménagement maximal de surfaces engazonnées, il peut être mis en place des revêtements alternatifs assurant portance et perméabilité : enrobés poreux, pavages avec joints infiltrants, dalles alvéolées engazonnées, dalles absorbantes, tout-venant… Si la capacité d'infiltration du sol sous-jacent est insuffisante, il est nécessaire de le décaisser et de le remplacer par du matériau drainant (gravier…).
Le second moyen d'action se décline au niveau de la régulation à l'échelle de la parcelle individuelle : les techniques peuvent aller du simple écrêtement (rejet à débit limité) à l'infiltration complète (rejet zéro) en fonction des caractéristiques du sol en place. On peut citer des techniques telles que :
Pour plus d'information sur ces techniques de gestion à la parcelle, vous pouvez consulter la brochure du SMBV "Intégrer la gestion des eaux pluviales dans son projet d'habitation".
Le troisième moyen d'action porte sur le réseau de collecte : il consiste, lorsque cela est gravitairement possible, à substituer les canalisations pluviales traditionnelles par des noues le long des voiries. Ces noues sont des fossés évasés, enherbés, permettant de ralentir l'écoulement des eaux et d'en favoriser l'infiltration. Lorsque la pente est trop forte, des redents peuvent être aménagés pour "casser" l'écoulement et assurer un micro-stockage. Cette méthode alternative demande une réflexion pour le découpage des lots et des voiries en adéquation avec les courbes de niveau.
Enfin, le dernier niveau d'action consiste à réguler les eaux pluviales à l'aval d'un réseau de collecte. Le choix portera sur le nombre d'ouvrages de régulation, la combinaison de diverses techniques, l'évacuation par infiltration ou à débit régulé. L'eau peut être recueillie dans des bassins de rétention à sec ou en eau, des bassins en cascade, des mares, des structures réservoirs situées sous les chaussées ou les parkings. L'important est qu'au final, le débit d'eau pluviale sortant de la zone urbaine aménagée soit compatible avec la capacité du milieu récepteur (rivière, canalisation, fossé, caniveau…) et que pour une pluie de référence déterminée, le dispositif de gestion des eaux pluviales ne déborde pas.
Principes de maîtrise des écoulements En l'absence de règles locales déterminées et justifiées spécifiquement par les collectivités compétentes en assainissement pluvial urbain, un groupe de travail piloté par la Délégation InterServices de l'Eau et constitué de services de l'Etat, de syndicats de bassin versant, de l'Agence de l'Eau et de l'AREAS a établi un ensemble de prescriptions de gestion des eaux pluviales.
Pour plus d'information, vous pouvez consulter la brochure réalisée par la DISE |