Evolution du territoire |
L'évolution de l'occupation du sol des bassins versants de la Pointe de Caux a entraîné ces dernières décennies un double phénomène à l’origine d'une exposition plus forte aux inondations :
Le recul par rapport au facteur climatique est encore insuffisant pour établir clairement une évolution significative des précipitations. Il ne faut pas pour autant occulter la répétition d’épisodes pluvieux dits "rares", observés ces 30 dernières années.
(crédit : SMBV Pointe de Caux)
(crédit : CODAH)
Bien souvent, le développement urbain du siècle dernier s’est opéré sans prise en considération d’une bonne gestion des eaux pluviales : cela s’est reflété par l’imperméabilisation à outrance des sols (« le tout bitume ») et par la collecte et le transport rapide des eaux pluviales vers les vallons secs ou les rivières (« le tout tuyau »). Le résultat de ces pratiques s’est traduit par des quantités d’eau de ruissellement toujours plus importantes et acheminées toujours plus rapidement vers l’exutoire.
Evolution agricole : l’intensification agricole s’est appuyée sur des pratiques générant des sols avec une sensibilité accrue au ruissellement et à l’érosion. Des surfaces importantes de prairies ont été retournées en vue d’être cultivées, le système traditionnel de polyculture-élevage s’est sensiblement orienté vers des systèmes de culture plus spécialisés (blé, maïs, pomme de terre, lin, betterave) fragilisant les sols ou les laissant nus aux saisons des plus fortes précipitations, la mécanisation s’est accompagnée d’effets de tassement du sol, d’orniérage, d’affinement de surface, néfastes à l’infiltration.
D'autre part, pour faciliter l'exploitation par des engins agricoles de grande envergure, la mosaïque rurale a été profondément bouleversée. L'augmentation de la taille des parcelles s'est faite au détriment d'éléments du paysage indispensables au ralentissement des ruissellements et à leur infiltration : merlons, haies, fossés, mares, bandes enherbées…
(crédit : SMBV Pointe de Caux) |